ENQUETE PUBLIQUE
Concernant la
Construction de
la nouvelle usine d'incinération des déchets ménagers
et assimilés avec valorisation énergétique,
au titre des
Installations Classées pour la Protection de l’Environnement
RAPPORT D ' ENQUETE
et
CONCLUSIONS MOTIVÉES
ST Egrève, le 26 janvier 2006 Commissaire-Enquêteur : A. BOURRET
Conclusions
Les nombreux éléments
apportés au cours de l'enquête ont montré un profond
désaccord entre les élus porteurs du projet et la population
qui s'est exprimée. D'un côté un soutien quasi unanime
au projet, de l'autre un rejet tout aussi quasi unanime. Les élus
savaient que l'incinération était un sujet très sensible
et le projet a donc progressé entre spécialistes et élus
pour aboutir après plusieurs années de travail à
l'enquête publique. Je juge regrettable qu'une concertation
préalable avec les associations n'ait pas eu lieu. Une étude
comparée des divers scénarii possibles aurait facilité
la concertation et évité cette confrontation.
Cela n'a pas été
fait. Ce qui explique pourquoi l'impact de cette enquête a été
si fort, avec plus de 185 interventions individuelles, 19 dossiers d'associations
comportant des scénarii alternatifs, et 102 communes ayant envoyé
un avis ou pris une délibération. Par ailleurs plusieurs
pétitions ont rassemblé quelques 2196 signatures.
Après examen attentif de ces diverses contributions, voici les considérations qui me conduisent à formuler un avis motivé :
- vu le nouveau périmètre
du SITOM-Nord Isère dont l'agrandissement impose un agrandissement
des capacités de traitement par incinération, actuellement
de 75 000 tonnes par an,
- vu la nécessité
d'une mise aux normes des rejets des fumées en particulier en matière
de dioxines, furanes et NOx,
- vu la gestion
correcte de l'usine actuelle et l'expérience acquise dans le domaine
de l'incinération par le SITOM-Nord Isère,
- vu les améliorations
substantielles qu'apporteraient une nouvelle usine, par rapport à
une mise à niveau de l'actuelle, en terme de valorisation thermique,
de sécurité, d'utilisation de l'eau et surtout d'impact sur
la santé des habitants de Bourgoin-Jallieu,
Cependant,
- vu le consensus général qui tend à réserver l'incinération, et donc la valorisation thermique, aux déchets n'ayant pas pu être ni recyclés ni réutilisés, ni traités biologiquement, ni épandus, il convient de limiter au maximum la capacité d'incinération. Cet objectif est compatible avec un développement durable, une bonne gestion des ressources et la minimisation des risques sanitaires,
- vu la difficulté à écouler la production de mâchefers, et à stocker les produits toxiques issus de l'incinération (REFIOM), il y a également nécessité de réduire au maximum la capacité d'incinération,
- vu l'objectif du plan départemental d'élimination des déchets ménagers et assimilés de février 2005, qui est de recycler 50% des déchets en recyclage matière et organique dans les 5/10 ans à venir, alors qu'elle est aujourd'hui de 30% seulement, un objectif incompatible avec la proposition de capacité du présent projet,
- vu l'évaluation de la capacité qui répondrait à cet objectif ( dont le calcul est détaillé dans le rapport ), à savoir une capacité d'incinération de l'ordre de 100 000 tonnes par an au lieu des 176 000 tonnes par an du projet,
- vu les nombreux exemples de succès des politiques actives de tri en France, en particulier celles menées dans le Voironnais par la CAPV, qui montrent que l'objectif précédent est réaliste pour les EPCI de collecte qui composent le SITOM-Nord Isère,
- vu les autres objectifs de ce plan qui préconisent la construction dans les 5/10 ans de capacités nouvelles de tri et de compostage dans le Nord-Isère, ce qui permettrait de répondre à une éventuelle croissance de la population et de la production de déchets par habitant,
- vu les possibilités nouvelles de tri qui pourraient être mises en place en amont de l'usine d'incinération par des entreprises d'insertion comme la Communauté Emmaüs,
- vu la mise en
œuvre récente en France d'usine de méthanisation dont l'échelle
et les prix sont abordables par des petites collectivités territoriales,
montrant
qu'il y a des moyens de réduire les quantités à incinérer,
| Je donne un avis
favorable à la construction d'une nouvelle usine d'incinération
à Bourgoin Jallieu à la condition expresse que sa capacité
soit réduite de 176 000 tonnes par an à 100 000 tonnes par
an.
Cet avis favorable avec réserve est complété de quatre recommandations : Recommandation
1 :
Recommandation
2 :
Recommandation
3 :
Recommandation 4 : |
Fait à Saint Egrève, le 26 janvier 2006
Le Commissaire-Enquêteur,
Alain BOURRET
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2006
- GEBJ 38
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